
L'intérêt, en psychologie clinique, est de comprendre les symptômes, et non de les faire disparaître. On essaie de comprendre le psychisme de l'enfant. Il faut établir une relation avec le patient, afin de comprendre son fonctionnement psychique et relationnel. À toutes les étapes de l'examen, le psychologue doit tenir compte du fait que l'enfant est en cours de développement physique, affectif, intellectuel, psycho-moteur et social. Il doit être attentif à la complexité et à la singularité de chaque personne examinée et il doit toujours la situer dans son contexte familial, éducatif, social et culturel.
Il faut également restituer ce qu'on a compris du fonctionnement de l'enfant. Il faut analyser la demande dans son contexte, décider de la suite de cette demande, de réaliser une anamnèse, d'installer une relation de confiance avec l'enfant, de choisir les méthodes les mieux adaptées et pouvoir expliciter ses critères de choix, de réaliser l'examen proprement dit qui comprend une phase d'entretien, une phase d'observation, et enfin une phase de passation de tests. Le psychologue doit recueillir les informations utiles au traitement de la demande, interpréter correctement les informations recueillies, les résultats des tests, dans le cadre de théories de psychologie de référence, formuler des propositions, des recommandations et communiquer des hypothèses de travail avec l'enfant et sa famille en respectant les exigences éthiques, déontologiques et légales de la pratique du psychologue.
Le psychologue doit mener une auto-évaluation continue de sa pratique, maintenir un intérêt pour les théories et les pratiques nouvelles. L'enfant doit comprendre pourquoi il vient. Son intérêt est prioritaire. Le psychologue peut refuser de faire passer un examen psychologique. Dans les institutions, on ne peut pas faire passer un examen psychologique complet. Il faut mettre en perspective les informations recueillies et prendre en compte les bilans complémentaires passés chez d'autres spécialistes. Lors de la restitution, il faut parler des aspects positifs et prendre en compte l'aspect évolutif de l'enfant.
Il faut un délai d'un an entre chaque passage d'un même test.
Dès sa conception, l'enfant est placé dans une lignée génétique, ce qui l'inscrit dans une problématique générationnelle. Tout ce qui donne sens à une particularité a une répercussion aux investissements précoces des parents. Le développement cognitif est complètement intriqué au développement affectif. Les examens visent à évaluer les capacités d'un enfant à l'intérieur d'une rencontre, dans un cadre clinique, avec des enjeux transféro/contre-transférentiels. Il y a beaucoup d'outils pour le psychologue, et il est important d'utiliser ceux qu'on maîtrise le mieux. Il est essentiel de noter tout ce que dit l'enfant pendant sa rencontre, pendant l'examen, et à la fin du bilan de croiser les différents résultats obtenus aux différentes épreuves. L'enfant est généralement accompagné par ses parents, et au cour de la première séance il est important de tenter de comprendre la demande des parents. Il y a une demande manifeste et une demande latente.
L'enfant apprend à penser avant d'aller à l'école, et le travail du psychologue est de comprendre comment l'enfant pense, comment il construit son rapport au monde, il organise ses compétences, ... L'examen psychologique va permettre de voir où en est l'enfant, d'une part au niveau de son développement, et d'autre part au niveau de sa construction psychique. Tout ce bilan doit se dérouler à l'intérieur d'un cadre spatio-temporel. Ce cadre doit être neutre, stable, pour que l'enfant puisse exprimer des choses de son psychisme.
L'enfant qui arrive en consultation a déjà un lourd passé avec ses parents, il n'est pas le bébé idéal. Les parents ont construit à l'intérieur d'eux-mêmes un certain nombre de défenses pour faire face au regard professionnel du psychologue. Par exemple, on assiste souvent à une objectivation de la relation mère/enfant. Il est très important que l'entretien se déroule en présence de l'enfant, notamment pour l'observation.
Un bilan complet doit nous permettre de parvenir à une appréciation dynamique du fonctionnement psychique de l'enfant en ce qui concerne ses potentialités cognitives, ses irruptions fantasmatiques et aménagements défensifs. On a besoin de savoir si l'énergie pulsionnelle s'épuise, ce qui rendrait le développement psychique impossible. Le meilleur moment pour faire un bilan psychologique est la période de latence.
Pour évaluer les potentialités cognitives, on utilise des échelles d'intelligence basées sur des tests verbaux ou non-verbaux.
Les irruptions fantasmatiques viennent perturber le raisonnement de l'enfant, et d'autant plus qu'il est jeune. Des questions apparemment anodines peuvent être l'occasion de telles irruptions qui révèlent la force du fantasme sous-jacent que telle ou telle problématique révèle chez l'enfant.
Les mécanismes de défense, comme le déni ou la projection, voire l'inhibition, une sorte de sidération qui peut handicaper les capacités cognitives. Quand au contraire un enfant a une proximité totale avec les étrangers, on peut supposer qu'il n'a pas vécu l'angoisse du 8ème mois.
Après 2 séances, on n'est plus dans une perspective diagnostic mais dans une relation thérapeutique. L'examen psychologique est un déroulement d'épreuves qui ne doit pas être trop organisé. Il est important que l'enfant connaisse du plaisir et du succès pendant les épreuves.
"Ni la neutralité ni la bienveillance ne vont de soi, être neutre c'est d'abord ne pas émettre de jugement, de critique, de désapprobation, ce n'est pas ne rien éprouver, c'est parvenir à ne pas communiquer, même involontairement, des signes trahissant ce que l'on éprouve. La neutralité ce n'est pas seulement ne pas laisser paraître ce que l'on éprouve, c'est prendre conscience de ce que l'on éprouve et n'être pas gouverné par des réactions non-contrôlées dans la compréhension du patient et dans la réponse qu'on lui donnera", Chilhand.
C'est un test ancien, qui date des années 1940. C'est un test qui renseigne sur la problématique affective, et pas sur l'intelligence. C'est un test projectif, la projection est à l'oeuvre tout au long des fables.
On dit à l'enfant qu'on va raconter des histoires qu'il va terminer. On peut faire passer ce test à des enfants âgés de 4 à 11 ans. L'auteur a choisi une forme symbolique. Le rôle du psychologue est de pouvoir discriminer dans les réponses les symboles qui sont des déguisements dus à la censure du moi et les symboles ludiques dans lesquels se complaît l'imagination enfantine.
C'est un test dynamique: une réponse attendue peut apparaître beaucoup plus loin dans le test. Il faut donc effectuer une interprétation globale, dynamique, et prendre en compte toutes les réponses. Chez d'autres enfants, la réactivation d'un complexe détermine un besoin de répétition du test. "Un complexe est un ensemble organisé de représentations et de souvenirs à forte valeur affective partiellement ou totalement inconscient. Un complexe se constitue à partir des relations inter-personnelles de l'histoire infantile, il peut structurer tous les niveaux psychologiques, les émotions, les aptitudes, et les conduites adaptées".
Ce test de Düss est un test projectif et clinique qui renseigne sur la nature des conflits actuels et conscients de l'enfant, sur les conséquences de ses troubles névrotiques, mais il permet aussi d'éclairer les conflits inconscients et les mécanismes plus ou moins névrosés qui conditionnent tel comportement anormal manifeste. Ces fables permettent le plus souvent, dès la première prise de contact avec l'enfant, de s'approcher de sa problématique inconsciente, d'obtenir des renseignements précis qui, convenablement interprétés, permettent d'affirmer un diagnostic et de centrer une intervention thérapeutique.
Düss a étudié les phénomènes de résistance, et a dressé un profil du développement génétique de la résistance, comme Piaget a dressé un profil du développement cognitif de l'être humain. Elle a donc imaginé 10 petites fables dans lesquelles un héros, qui peut être un animal ou un enfant, se trouve dans une situation déterminée qui représente un stade de l'évolution de l'inconscient. Elle est partie de l'hypothèse suivant: si le sujet est frappé par l'histoire, c'est que la situation du héros de la fable déterminera chez lui une chaîne associative qui réveillera le complexe auquel il est fixé. Tous les enfants dits normaux ont proposé des réponses "banales", c'est à dire statistiquement fréquentes.
Un papa, une maman oiseau et leur petit oiseau dorment tous les 3 dans le nid sur une branche. Mais voilà qu'un gros vent arrive, il secoue l'arbre et le nid tombe par terre. Les 3 oiseaux se réveillent brusquement, le papa oiseau vole vite sur un sapin, la maman sur un autre sapin, que fera l'oiseau qui sait déjà un peu voler ? Cette première fable prétend explorer la structure oedipienne sur le plan affectif mais l'opposition n'est pas conflictuelle. On peut dire que cette fable mesure l'oedipe en terme de choix de l'objet, l'autre objet n'est pas forcément rejeté en terme d'agressivité. 4 réponses sont considérées comme normales:
C'est la fête de mariage de papa et maman, ils s'aiment beaucoup et ils ont fait une belle fête. Pendant la fête, l'enfant se lève et va tout seul au fond du jardin, pourquoi ? L'enfant est isolé face au couple parental sexué, puisqu'ils sont ensemble et qu'il est seul. Les réponses banales:
Il y a une maman brebis et son petit agneau dans une prairie. Le petit agneau gambade tout le jour près de sa maman, et tous les soirs sa maman lui donne du bon lait chaud qu'il aime beaucoup. Mais il mange déjà de l'herbe. Un jour, on apporte à la maman brebis un tout petit agneau qui avait faim pour que la maman lui donne du lait, mais la maman brebis n'a pas assez de lait pour deux, et elle dit à son grand agneau: je n'ai pas assez de lait pour 2, toi, va manger de l'herbe fraîche. Que fera l'agneau? Ce qui est important pour Freud, ce n'est pas le souvenir, mais la manière dont on se souvient. Dans ce test, ce sont des enfants uniques qui donnent des réponses frustrées. Ce qui compte, c'est d'aller chercher les réponses dans l'inconscient de l'enfant. Un enfant unique s'imagine plein de rivaux, que tous les autres enfants peuvent lui ravir l'amour de sa mère. Ce que l'enfant unique fantasme, c'est d'être exclu par d'autres, alors que ceux qui ont pu éprouver la venue d'un autre frère ou soeur ont pu voir que cela n'entraînait pas l'exclusion. Les réponses normales sont :
Un enterrement passe dans les rues du village et les gens demandent: "qui-est ce qui est mort?". On répond c'est quelqu'un de la famille qui habite cette maison là. Cette fable permet de mesurer l'agressivité de l'enfant, ou de voir s'il y a eu un deuil récent. On peut aussi avoir une réponse auto-agressive, ou une peur de voir un être aimé mourir. Si le garçon désigne le père comme le mort, c'est qu'il veut nier l'existence de son père qui fait barrage, et non pas le tuer.
Un enfant dit tout doucement: "oh, que j'ai peur". De quoi a-t-il peur ?. Ce test vise à trouver les angoisses de l'enfant. Les réponses fréquentes sont la peur du noir, du loup, des fantômes, ... La peur de la nuit est considérée comme pathologique, car dans la nuit tout devient possible, on est dans le royaume de la contamination car seuls les yeux permettent de mettre le monde à distance. La nuit est le symbole de la mère.
Un enfant possède un petit éléphant qu'il aime beaucoup et qui est très joli avec sa longue trompe. Un jour, en rentrant de promenade, l'enfant entre dans sa chambre et trouve que son éléphant a bien changé. Qu'est ce qui a changé ?. La meilleure réponse est que l'éléphant n'a pas changé, mais que c'est l'enfant qui a grandi. Une réponse possible est qu'il a été bousculé par la femme de ménage et qu'il est tombé par terre, plein de poussière. L'éléphant doit être interprété comme l'enfant lui-même, et les inquiétudes par rapport à la trompe doivent être rapportées à la peur de grandir, liée à la compétition avec le père.
La fable de l'objet fabriqué: "un enfant a réussi à fabriquer quelque chose en terre, une tour, qu'il trouve très jolie. Un jour, sa maman lui demande de la lui donner, il est libre, lui donnera-t-il ?". Le premier don qu'un enfant fait à sa mère est la propreté. La terre est un symbole fécal. Cette fable interroge la capacité de don à autrui.
"Un garçon a fait une très jolie promenade dans la forêt, tout seul avec sa maman, et ils ont eu beaucoup de plaisir ensemble. Lorsqu'ils rentrent à la maison, le garçon trouve que son papa n'a pas la même figure que d'habitude, pourquoi ?". Ce qui compte pour l'auteur, c'est l'expression de la jalousie du père pour le couple mère/enfant. Pour Freud, il y a dans la jalousie une dynamique homosexuelle, et les enfants qui parlent de la jalousie du parent la ressentent comme celle qu'ils auraient eu eux-mêmes s'ils avaient été à sa place.
La fable de la nouvelle: "Un enfant rentre de l'école et sa maman lui dit "ne commence pas tout de suite tes devoirs, j'ai une nouvelle à t'annoncer", qu'est-ce que sa maman va lui dire?". Ici, les réponses sont liées aux fables antérieures.
La fable du mauvais rêve: "un enfant se réveille le matin tout fatigué, et il dit "Oh, quel mauvais rêve j'ai fait!". Qu'est-ce qu'il a rêvé ?". En général, les enfants racontent un de leurs rêves. Dans ces rêves, il y a des éléments qui ressortent et qui peuvent conforter les réponses précédentes. Dans le rêve, les désirs coupables sont projetés sur le héros de l'histoire, c'est pourquoi il faut rester dans le domaine symbolique.
Il est très utilisé pour les enfants à partir de 5-6 ans et jusqu'à 18 ans. La consigne est la suivante: "dessinez un paysage avec un homme, une route, une femme, des montagnes, un garçon, une maison, une fille, une rivière, un animal. Je voudrais que vous les dessiniez et que vous vous arrangez pour en faire un paysage. Vous avez toute la feuille et vous pouvez rajouter ce que vous voulez". On insiste sur la nécessité d'organiser le dessin par le biais du mot paysage. Une fois que le dessin est terminé, on demande au sujet successivement où se trouvent les éléments de la consigne. Si il y a un oubli parmi les 10 éléments, on le note. Les questions à poser sont:
La rivière est le symbole de la vie affective car cela est un retour à la vie liquide intra-utérine. Des eaux stagnantes évoquent de sujets perturbés dans leur développement affectif. Vers la gauche = vers le passé. Vers la droite = vers l'avenir. Rivière minuscule/cachée, c'est une affectivité qui n'ose pas s'exprimer. Une rivière large avec des contours mal déterminés, c'est une difficulté à contrôler une vie affective riche. Des barricades, cascades, torrents, c'est une vie affective pleine de bouleversements, ruptures avec des changements brutaux. Une rivière large et débordante traduit une très grosse demande affective (trop ?). Une rivière minuscule par rapport aux autres éléments du dessin serait le signe de difficultés d'investissement affectif ou peut être une forme d'indifférence à l'autre. Une rivière qui partage le test en deux espaces est une coupure dans la vie affective. Des rochers dans la rivière dénotent un sujet qui recherche des appuis, des signaux. Beaucoup de poissons pour un enfant sont normaux, pour un adulte c'est un manque de maturité.
Grâce à ce test, on a souvent la confirmation des réactions obtenues avec d'autres tests. Il ne peut servir que comme compléments à d'autres tests de personnalité. BONNET s'est efforcé de caractériser la valeur de stimulation que peuvent prendre les phrases afin de mieux isoler dans une réponse ce qui est suggéré par la phrase stimulus de ce qui est un apport véritablement personnel du sujet.
Sous cet angle, il a examiné les 100 phrases stimuli de STEIN et les a classées dans plusieurs groupes:
Une réponse qui revient moins d'1 fois sur 100 est considérée comme originale.
Il faut observer également la contamination de sens: quand les sujets, d'une phrase à la suivante, exploitent le même thème. On surveille également les phrases parasites (bon, voilà, bref, si vous voulez,...). Il y a également des personnes qui font un rapprochement personnel, d'autres qui nient l'aspect projectif, qui demandent une approbation, qui se lancent dans de grandes fabulations. On s'intéresse également à l'aisance ou à la maladresse dans la construction des réponses, à l'acceptation ou au refus du réel, aux répétitions. Les modifications signalent une mauvaise acceptation du réel, le sujet cherche à modifier les conditions extérieures en fonction de son propre intérêt plutôt que se soumettre à un effort d'adaptation. Les réponses tautologiques permettent d'esquiver une réponse compromettante tout en respectant apparemment la consigne (chez les sujets intelligents). Les réponses à forme négative sont liées à l'opposition, au refus. S'il y a plus de 5 réponses négatives, on a à faire à un sujet indiscipliné. L'absence d'un contenu peut être aussi révélatrice que sa présence répétée.
La consigne est: "dessine un arbre qui ne soit pas un sapin". Ce test se répète 2 fois, afin d'examiner la capacité d'adaptation du patient. Koch est le premier à avoir étudié ce dessin de l'arbre, ce qui a permis d'utiliser ce test. Il a choisi un arbre car un arbre a une haute valeur symbolique. C'est en effet le symbole de l'humain par analogie à la station debout. Il est aussi symbole de puissance et de mystère.
Pour l'interprétation, on se base sur le schéma proposé par Pulver dans son ouvrage sur la symbolique de l'écriture. Pour Koch, l'arbre est comme une épreuve de graphologie. Pulver se base sur le schéma de la croix, il distingue des zones déterminées par les bases de cette croix. Pour l'arbre, il faut tenir compte du fait que la dynamique du graphisme s'opère non pas de gauche à droite mais de bas en haut. On obtient ainsi 4 zones:
On s'intéresse ensuite aux éléments de décoration de l'arbre (feuilles, paysage, ...).
On s'intéresse ensuite aux rapports hauteur/largeur du tronc, de la couronne, à la hauteur des branches,...
Le tronc représente le Moi, c'est le pivot et l'axe de l'arbre, il constitue la partie organisatrice de l'arbre autour de laquelle vont se situer les différents autres éléments. Par conséquent, il signifie symboliquement la partie stable de l'individu, la zone qui relie l'inconscient à la zone de contact, à la zone des idées.
Les branches et donc toute la couronne exprimeront la manière dont l'individu sait ou pas exploiter ses possibilités, le degré de différenciation auquel il est arrivé, ses modes de défense par rapport à l'environnement, au monde extérieur. Par leurs dimensions et leurs relations spatiales avec le tronc et avec la page, les branches symboliseraient les ressources dont le sujet dispose dans sa recherche de satisfaction. Selon leur direction, les branches donnent une indication sur les tendances extravertives ou introvertives du sujet.
Le trou dans le tronc est un indice de traumatisme dans le vécu de l'enfant: en mesurant le trou, on peut savoir à quel âge est survenu ce traumatisme.
On s'intéresse aux caractéristiques du trait, à l'orientation de l'arbre, à la présence ou non du feuillage, aux pleins,aux vides, aux ombres, au cadrage de l'arbre dans la feuille. Si tous les fruits sont à terre, on peut penser à une dépression, à la perte.
Les racines se réfèrent à la vie inconsciente, le tronc à la vie quotidienne, le feuillage correspondrait à la pensée.
L'auteur de ce test est Corman. Il est très utilisé aujourd'hui, car il est très simple à faire passer et il apporte énormément de résultats. Ce test se passe de 5 à 14 ans, la consigne est: "Dessine moi une famille le mieux que tu pourras".
Ce test n'est pas chronométré, et le psychologue ne fait aucun commentaire. Cependant, il note le comportement global de l'enfant. On ne met pas de gomme sur la table, mais si l'enfant en demande une on lui en fournit une et on le note.
On doit noter l'ordre dans lequel l'enfant dessine le personnage, et il faut ensuite demander à l'enfant de présenter chaque personnage. Dans la plupart des cas, on a une idée de sa famille réelle, mais ce n'est pas le plus important. Si, dans la définition des personnages qu'il dessine, il n'apparaît pas ou qu'il ne dessine (dans le cas d'une famille d'animaux) aucun animal proche de lui par le sexe et l'âge, on lui demande: "Et toi, tu ne te dessine pas?".
Il faut ensuite connaître l'âge des personnages, et poser quelques questions:
C'est un test projectif qui présente l'énorme avantage d'être d'emblée centré sur le groupe familial, qui est le lieu privilégié des conflits enfantins. Si on pense que les images peuvent être conflictuelles, ce test permet d'apprécier la nature et l'intensité des conflits impliqués. Par ailleurs, ce test permet aussi de voir si ces conflits se situent dans une phase évolutive normale ou s'ils présentent un caractère plus ou moins pathologique.
S'il y a une résistance initiale, il faut la noter, comme toutes les attitudes de l'enfant en fonction de la personne qu'il dessine. Si les personnages sont barrés ou bâclés, voire s'il y a trop de minutie, ce n'est pas forcément bon signe. Il faut noter toutes les verbalisations de l'enfant au cours du dessin, et le temps global qu'il a mis pour le faire.
Il faut noter l'ordre dans lequel il choisit de parler des personnages. S'ils ne sont pas évidents, il faut demander à l'enfant de préciser les liens de parenté. Il faut également demander à l'enfant d'expliquer ce que les personnages sont en train de faire.
Cette épreuve doit être considérée comme une épreuve de graphisme et comme une épreuve de dessin de personnage qui est favorable à l'expression des aspects fondamentaux de la personnalité parce qu'elle met directement en cause l'image du corps.
Ce test du dessin de la famille impose ce thème de la famille qui peut révéler des aspects inconscients de cette notion de famille.
Si un enfant se montre indécis quant à la notion de famille, c'est qu'il cherche une assurance.
Certains enfants proposeront de dessiner une famille d'animaux, et ils ont le droit. La transposition sur une famille animale est le signe d'une réelle difficulté avec les images familiales humaines. Le choix de l'animal a beaucoup d'importance, mais il ne faut faire aucun commentaire et accepter toutes les représentations de famille de l'enfant.
L'enfant qui refuse de dessiner, soit en disant "Je veux pas dessiner" ou s'il n'est pas content de ce qu'il a fait … Tout cela manifestera d'une part une difficulté d'adaptation à la tâche demandée mais aussi la projection de certains aspects de ses relations conflictuelles avec une personne de sa famille (sa mère si il refuse de dessiner sa mère). De la même façon, on a des informations très importantes lorsque l'on observe la place dans la constellation familiale qu'il a choisi de donner aux personnages.
L'enfant se dépêche-t-il de dessiner, veut-il se débarrasser au plus vite de tout ça, est-il anxieux, bavard, mal à l'aise …. ?
Si l'enfant utilise tout le temps de la séance pour dessiner, il évite un contact avec le psychologue, cela peut être une forme de phobie (mécanisme de défense).
On trouve dans le personnage dessiné une projection de l'image du corps, le personnage porte la marque de la manière dont le sujet sent, perçoit, et investit son propre corps.
En plus de la consigne, il y a l'aspect projection, dessiner un homme ou une femme, un personnage âgé ou jeune, grand ou petit, reflète des choix implicites qui relèvent de la projection.
Le dessin d'une famille au contraire du dessin de sa propre famille, laisse plus de liberté au sujet et de ce fait, la projection est plus aisée et plus importante. On peut se demander si la famille dessinée est la famille idéale, la famille souhaitée. On peut aussi avoir des familles stéréotypés, avec un père, une mère, et des enfants, un garçon et une fille. Les stéréotypes se transforment avec l'age, et sont variables suivant le milieu social de l'enfant et suivant aussi l'étendu de sa propre famille.
Certains enfants semblent projeter dans le dessin beaucoup plus leurs angoisses et leurs craintes que leurs désirs et leurs souhaits.
Il est très rare qu'un enfant dessine une famille sans enfant, et s'il le fait, cet isolement du couple parental est très significatif.
Il faut toujours réfléchir aux particularités que l'on peut observer dans la composition du groupe familial, aux particularités de son groupe d'extension. On doit aussi noter si les sexes des enfants et leurs âges sont en décalage ou correspondent avec leur fratrie réelle.
Noter la présence des grands-parents, des oncles. Pour un enfant, dessiner ou pas tel ou tel personnage c'est toujours la marque d'une prise de position plus ou moins consciente à son égard.
On peut penser que le premier personnage dessiné ou le plus grand est valorisé. On s'intéresse également aux attributs:
Un enfant qui ne dessine pas un membre de sa famille, quel qu'il soit, supprime symboliquement un conflit ou une difficulté liée à ce personnage.
Il faut noter si l'enfant s'est dessiné entre ses parents ou à côté.
On peut rencontrer des dissociations, qui sont très fortement pathologiques. Ce sont des dislocations des différentes parties du corps, comme dans la schizophrénie.
Il y a aussi des dysmorphies, c'est-à-dire que le schéma fondamental du corps est altéré qualitativement par des disproportions flagrantes, des anomalies, ... Le plus fréquemment, on a des asymétries importantes, des hypertrophies monstrueuses, et des tracés en enveloppe.
Ce qui signe la pathologie, c'est l'aspect de désorganisation général du dessin. Il faut également s'intéresser aux lacunes. Les lacunes graves sont celles qui portent sur les éléments constituants du schéma corporel, celles qui altèrent l'intégrité du schéma corporel (tête, corps, membres, yeux, ...). Si il y a des lacunes, elles ont une importance inégale: génétique (en fonction de l'âge) et symbolique (en fonction du membre oublié).
Les inhibitions névrotiques de certaines aptitudes sont dues au refoulement qui a frappé les idées libidinales liées aux activités correspondantes. L'inhibition peut se manifester sous différentes formes, comme une maladresse pour les activités sportives, une répugnance pour ces disciplines. Il y a un fort lien entre l'angoisse et l'inhibition, et il faut savoir que l'ensemble des symptômes ne se forme que pour permettre d'échapper au développement de l'angoisse.
L'auteur de ce test est Corman. Le test représente une famille de petits cochons, et n'est donc pas universel. Ce qui est intéressant, c'est l'interprétation clinique. L'essentiel de l'interprétation est la recherche du thème dominant: on propose à l'enfant de choisir parmi les planches celles à partir desquelles il veut raconter une histoire. Il est cependant obligé de choisir le frontispice, une planche où est présentée l'intégralité de la famille de Patte Noire.
L'enfant doit décrire le frontispice, présenter le père, la mère, les enfants, ... C'est déjà une mine de renseignements. On voit comment l'enfant organise la famille, s'il met dans une place valorisée Patte Noire, si les enfants sont placés à égale distance des parents, ...
Si l'enfant s'identifie à Patte Noire, il verra en général les autres petits cochons comme une fratrie et les deux gros cochons comme les parents. On peut se demander si l'enfant projette sa famille ou une famille idéale. Des enfants représentent une famille disloquée, ce qui nous confronte d'emblée aux conflits familiaux.
L'enfant peut donner à Patte Noire l'âge et le sexe qu'il veut. En général, l'enfant choisit le même sexe que lui. Si ce n'est pas le cas, il peut s'agir d'un trouble dans la résolution de l'Oedipe. Souvent, Patte Noire est donné comme plus jeune que l'enfant qui passe le test. Il faut interpréter cela comme une tendance régressive.
Si les 2 gros cochons ne sont pas vus comme des parents, cela peut signaler un trouble avec les parents.
Le thème de Patte Noire enfant unique révèle le désir d'être la seule occupation de ses parents.
L'enfant projette dans le test tantôt l'expression de ses propres désirs, tantôt l'expression des désirs parentaux qu'il a plus ou moins introjectés et qu'il a fait siens. Il peut se trouver aussi que l'enfant ne fait figurer dans le test que ceux de ses frères et soeurs qu'il aime, en excluant les autres.
Lorsqu'un enfant supprime un frère ou une soeur, on appelle ceci une scotomisation. Ceux qui sont absents sont ceux avec qui il y a une grande difficulté.
L'intérêt de dédoubler le héros consiste à représenter d'un côté les tendances agressives du sujet et de l'autre les tendances mieux acceptées par le social. C'est un déplacement pour soulager la culpabilité. On admet que l'enfant ressent de la culpabilité suite à son agressivité, sauf en cas de structure perverse. C'est la bisexualité psychique qui permet ce dédoublement.
On observe que les enfants uniques vivent sur le plan fantasmatique des angoisses beaucoup plus violentes.
La description qu'un enfant fait du frontispice lui est dictée par ses tendances profondes, dans le sens d'un maximum de satisfaction. Dès que la culpabilité est éveillée par le récit, la censure du Moi apparaît. La défense du Moi peut se mettre au service des tendances essentielles. Par exemple, lorsqu'elle met en scène une famille idéale. Lorsque cette défense cède à la pression du milieu familial et social et qu'elle s'efforce de substituer au règne du désir le règne de la réalité, le travail du clinicien sera de voir quelle est la modalité dominante et quelle première conclusion peut-on en tirer. Si le principe de réalité est dominant, le Moi est plutôt mature.
L'interprétation d'un test projectif gravite toujours autour de la recherche du thème dominant. L'expérience nous enseigne en effet que lorsqu'une conduite pathologique est motivée par une problématique inconsciente, cette problématique ne peut manquer de s'exprimer à la faveur de la projection dans un thème particulier que le psychologue devra repérer. Avant le test, cette problématique était refoulée dans l'Inconscient.
L'originalité doit donc être considérée comme significative d'une difficulté. L'originalité ne réside pas nécessairement dans le contenu, elle peut aussi se manifester par une résistance.
La réaction affective au thème peut s'exprimer de manière extravertie ou introvertie. On s'aperçoit de ces modalités au cours de la passation du test.
On s'intéresse aussi aux thèmes francs et aux thèmes masqués:
On peut faire passer ce test de 8 à 12 ans. Chez les jeunes enfants, un thème unique revient tout au long des planches. Ce thème est souvent celui de la rivalité fraternelle ou de la culpabilité. Ce qui est inquiétant, c'est qu'un thème soit absent.
Ce qui est important, c'est la dynamique des images et des thèmes abordés.
Pour étudier les images isolées, on retient la règle de l'originalité. Par exemple, si une des images du test de Patte Noire est originale, c'est celle-ci qui va nous indiquer le problème particulier du sujet. La notion d'originalité doit être comprise au sens le plus large.
Si des planches ne sont pas aimées, c'est qu'elles soulèvent des difficultés. Mais elles peuvent aussi évoquer des personnages ou des thèmes qui relèvent d'une immense hostilité. Devant cette hostilité, on a des formations réactionnelles. L'immensité de l'hostilité conduit à l'inhibition.
L'inhibition est une censure des tendances essentielles, il y a une scotomisation partielle. Il y a également des scotomisations de l'action, celle-ci est niée.
La rationalisation est un mécanisme de défense que l'on trouve souvent dans les tests. Par exemple, l'enfant évite une image parce qu'elle n'est pas à son goût. Il s'évade.
Dans le dessin de la maison, on s'intéresse à l'image du corps. L'enfant laisse directement à voir sa relation de sujet vis à vis des autres.
La maison est l'image de la sécurité de base. Il faut s'intéresser à ce qui entoure la maison. Au fur et à mesure de la croissance de l'enfant, l'image de sa sécurité de base s'étoffe des expériences sensorielles qu'il éprouve. La maison représente allégoriquement la sécurité de l'enfant à la fois dans son corps et dans les possibilités de relation de ce corps avec les autres.
Les éléments archaïques du corps sont refoulés jusqu'à l'âge de l'Oedipe. À cet âge, le dessin de la maison évolue. La maison est pour l'enfant le moyen d'exprimer sa relation libidinale à autrui et son niveau narcissique d'évolution.
Les premières variations sont le toit, les ouvertures, la cheminée, les chemins.
C’est la version infantile du TAT, on la fait passer de 3 à 10 ans. C'est un test très rapide car il ne comprend que 10 images qui mettent en scène des animaux (alors que le TAT met en scène des humains). Le fait que ce soit des animaux facilite la projection chez les jeunes enfants.
Il met l’accent sur les thèmes attribués au héros de l’image, à son entourage. Ces thèmes, ces images, sont censés refléter les modes interactifs et conflictuels du sujet.
Outre la complexité des opérations symboliques engagées dans l’aptitude à la narration à partir d’un matériel précis, la situation implique une inversion paradoxale des rôles traditionnels. En effet pour l’enfant, raconter des histoires à un adulte est d’une certaine manière se mettre à sa place, imiter l’activité qui en principe lui revient; c’est donc s’identifier à lui pour devenir à son tour conteur, fabriquant d’histoire pour son propre plaisir ou pour le plaisir de l’autre.
Sur ce CAT sont dessinés des animaux familiers et sauvages et l’analyse doit comporter l’analyse du contenu manifeste et celle du contenu latent.
On doit travailler à partir du matériel obtenu sur les différents registres de conflictualisation par rapport au fondement de l’identité, à l’élaboration de la position dépressive, à la mise en place de l’axe œdipien. Chacune des 10 planches peut réactiver successivement ou simultanément plusieurs registres de conflictualisation chez le même enfant.
Dans le récit, on doit être attentif aux différences de générations qui apparaissent très nettement à travers les différences de taille, de sexe...
Le CAT est un très bon médiateur pour approcher le fonctionnement psychique de l’enfant, pour apprécier son développement libidinal. La structuration du langage offre un reflet de la structuration du psychisme, le langage signalant le lien et la séparation entre le réel et l’imaginaire.
Si l’entretien clinique se définit entre autre par l’attention maximale portée à une personne dans son intégralité, son originalité et son unicité, c’est lorsqu’il est non-directif qu’il est sûrement le plus clinique. Il faut aider le sujet à exprimer sa façon de voir, ses émotions, ses sentiments, en se gardant de toute évaluation, de tout jugement et de toute discussion.
Il a été rédigé par Murray. Il est destiné aux adultes et aux adolescents. C'est l'un des 2 grands tests utilisés en psychopathologie de l'adulte. C'est un test de personnalité qui se compose en 2 séries de 15 planches plus une 1 qui est intégralement blanche (planche 16). On fait passer ce test en une seule séance.
Il s'apparente au CAT, qui est destiné aux enfants. Ce test ne donne pas de renseignement précis sur la structure de la personnalité.
On montre une série d'images au sujet en lui demandant ce qu'il s'est passé avant, ce qu'il se passe et ce qu'il va se passer. Des images concernent uniquement les femmes, d'autres uniquement les hommes, et certaines sont mixtes. Le sujet doit raconter l'image en la situant dans le temps. Il n'y a aucun bonne ou mauvaise réponse, toutes les réponses donnant lieu à des interprétations. Ce qui est personnel, c'est le déroulement et la conclusion de l'histoire.
C'est un test individuel, on ne peut pas le faire passer collectivement. Toutes les histoires qu'on recueille sont révélatrices de la personnalité du sujet. C'est un test qui ne nécessite aucune préparation, il faut simplement l'accord du sujet. L'atmosphère doit être neutre et bienveillante, le thérapeute et le sujet doivent être en face à face sur une table. La consigne ne doit être dite qu'une fois en début de séance: "Je vais vous montrer des images, vous allez me raconter une histoire avec ces images, me raconter ce qu'il s'est passé avant et me dire ce qu'il va se passer ensuite".
Si le patient demande de nouveau la consigne, ce peut être interprété comme un manque de confiance en soi, un signe d'anxiété.
On présente la première planche, qui est mixte. Ce test n'est pas chronométré, mais il faut noter les moments d'hésitation et les comprendre. Les images des tests sont des stimuli.
Le thérapeute ne doit pas réagir, quelles que soient les histoires racontées. Certaines histoires ne peuvent pas être interprétées: les histoires purement descriptives. Soit la description est défensive, le sujet ne dit rien, soit le sujet est dans l'incapacité de se projeter dans cette histoire. Si on a que des descriptions pour chacune des planches, il faut changer de test.
Il ne faut pas se laisser impressionner par les premières réponses. Les interprétations ne peuvent pas être littérales, car ce sont des représentations de l'inconscient. Il faut relier les images entre elles, trouver la dynamique des histoires et le fil conducteur.
Il faut connaître l'âge du sujet et sa situation familiale.
Comme dans les autres histoires, on cherche le héros: c'est le personnage auquel s'est identifié le sujet. C'est celui auquel il s'est le plus intéressé, celui dont il a adopté la manière de voir, et celui dont il a décrit le plus intimement les sentiments et les motivations. Souvent, c'est celui qui lui ressemble le plus. En général, il se trouve sur l'image, où il joue d'ailleurs un rôle principal. Il apparaît dès le début et est souvent impliqué dans la résolution de l'histoire.
Des forces en provenance de la personnalité du sujet peuvent être incarnées par des personnages différents. Il peut y avoir une identification en personnages de sexes opposés, ce qui peut indiquer une forte composante de l'autre sexe. L'absence de héros est très rare.
Le héros a certains critères: il est supérieur s'il est positif et inférieur s'il est négatif.
Dans tout processus de projection, il est demandé au sujet de donner une forme à un matériel ambigu. Pour se faire, il ne peut éviter de faire appel à son expérience personnelle, à son imagination, à sa mémoire, ... On trouve cette même ambiguïté dans le rêve et dans le jeu.
Le matériel du rêve ou le matériel du jeu prend une valeur symbolique, le sujet confond et distingue à la fois les personnages qu'il crée et lui-même, et le rêve, le récit et le jeu lui permettent d'ajouter un élément de dramatisation.
Le sujet révèle sa structure mentale et affective dans les test projectifs, il projette ses affects sur les nombreux personnages proposés dans les images du TAT. La projection est le phénomène inverse de l'identification. Dans l'identification, le sujet dit "je suis comme lui", dans la projection le sujet dit "il est comme moi".
Il y a plusieurs types de projections:
Avec le TAT, on peut observer quelques niveaux de personnalité, dont le niveau symbolique. On s'intéresse, pour accéder à ce niveau symbolique, au contenu latent.
Si l'ensemble des récits donnent à voir un héros négatif, cela permet au sujet de percevoir chez autrui exactement ce qu'il prétend ne pas être et qu'il est en réalité. Les paranoïaques attribuent toujours leurs torts aux autres.
La personnalité qui se dévoile dans les test projectifs est un ensemble complexe dans lequel on peut distinguer des tendances inconscientes plus ou moins refoulées et des mécanismes de défense du Moi s'opposant à l'expression des tendances interdites. C'est donc un compromis entre le Moi, les tendances inconscientes et les mécanismes de censure. Le symptôme est aussi un compromis.
La défense du Moi s'exprime par des réponses où la réalité est minimisée, où la censure est intense, par l'identification au héros, et enfin par le refus d'une réalité pénible et son remplacement par une réalité contraire.
La planche blanche sert à mesurer la capacité d'adaptation.
La consigne est "dessine-moi le pays de la peur. Dessine moi le pays de la joie". Ce test est peu utilisé. Il fait appel à l’expression graphique des émotions, de la personnalité. Il est utilisé en complément du test du D10.
ARNAUD a construit son étude a partir des travaux de Lemene dont il reprend la méthodologie et les résultats. Il se centre sur deux émotions fondamentales qui sont la joie et la peur, et il montre comment celles-ci s’organisent génétiquement en se diversifiant en fonction des rapports dialectiques entre les besoins de l’enfant et les réponses du milieu.
L’ardeur s’attache au contenu des représentations sur le plan affectif et émotionnel avec comme objectif de dégager les lois générales qui régissent cette épreuve graphique en fonction de l’âge, et deuxièmement d’apporter une approche clinique du protocole recueilli. On a à la fois une standardisation et un regard clinique.
Ce test offre au sujet un support associatif rendant compte de son univers fantasmatique, permettant d’affiner des hypothèses quant à la problématique qui lui est propre en association avec d’autres épreuves, et organise un médiateur de la relation.
Arnaud étudie l’organisation graphique de l’espace en analysant le niveau d’adéquation de la réponse du sujet et la cohérence du récit explicatif qui lui est demandé. Il procède ensuite, dans une perspective génétique, à une analyse des thèmes abordés en fonction de leurs fréquences.
Cela lui permet de rendre compte de la nature des relations d’objet en fonction de l’âge et du stimulus, soit la joie soit la peur, des angoisses qui sous-tendent ces mêmes relations, de la symbolique qui permet de les exprimer et du caractère formel spécifique que l’enfant donne à sa projection.
Pour ARNAUD, la joie et la peur sont deux émotions essentielles de la vie affective de l’enfant qui permettent une élaboration progressive de ses représentations psychiques. Selon l’auteur, l’enfant qui éprouve de la joie oscille de la libération des pulsions à la satisfaction du besoin fusionnel élémentaire. Cette joie parait pour l’enfant liée à l’univers de la sécurité à la relation d’amour et à l’affirmation de sa propre puissance. Il élargit la notion de peur à la problématique de la perte d’objet.
La clinique de l’enfant peut facilement s’orienter vers un ensemble de troubles relativement variés qui rendent compte de la primauté de l’agir et du faire sur la mentalisation et la symbolisation. WINNICOTT montre bien la séparation avec la mère ou tout autre objet, que l’enfant peut supporter grâce à l’espace transitionnel qui se trouve remplit par l’utilisation de symboles et par tout ce qui finira par constituer la vie culturelle. L’enfant se situe alors lorsqu’on lui propose une situation projective qui se trouve à mi-chemin entre le réel et le fantasme qui est une seule synthèse entre l’espace psychique intérieur et l’espace réel.
L’enfant, dès 5-6 ans (meilleur âge pour faire passer ce test), peut selon les cas plus ou moins maîtriser ses affects en déplaçant l’énergie psychique vers l’extérieur et vers le savoir.
On peut faire passer ce test tout de suite après un premier entretien, il doit être en passation individuelle. On lui dit "tu as deux feuilles pour dessiner. Sur la première tu vas dessiner le pays de la peur tel que tu le vois en imagination. Un pays c’est où on habite. Le pays de la peur est un pays où on n’aimerait pas du tout habiter. Sur l’autre tu vas dessiner le pays de la joie. C’est un pays ou on aimerait beaucoup habiter. Tu fais le mieux que tu peux".
Cette épreuve n’est pas chronométrée mais on doit avoir une idée du temps mis pour la réaliser. À la fin, on doit poser des questions : il doit raconter ce qu'il se passe dans son dessin et comment se termine la scène. Si on voit des personnages, il faut demander s’ils se connaissent, comment ils se connaissent et qu’est-ce qu’ils sont en train de faire. Il faut lui demander s’il pouvait se placer dans le dessin, à la place de qui se mettrait-il ? Et que ferait-il ? Tant pour le pays de la joie que de la peur.
Des études montrent que l’enfant parle énormément de son monde psychique intérieur avec une fréquence des thèmes œdipiens qui ne sont que rarement représentés par des humains mais plus par des animaux. 70% représentent plusieurs personnages avec une mise en scène du quotidien familial : c’est le concret, le quotidien, le ludique qui est évoqué ainsi que l’action et les rapport aux autres.
Il faut être attentif aux dessins qui sont en inadéquation avec le thème (thème de mort, d’agression, dans le pays de la joie) qui est souvent associé à des remplissages noircis. Ce sont des thèmes psychopathologiques qu’il faut exploiter. C’est dans le pays de la joie que les enfants en grande difficulté se discernent le plus aisément.
C’est une épreuve qui est utilisable dès l’école maternelle. Cette épreuve qui utilise le mécanisme de projection doit être complétée avec d’autres tests projectifs.
On donne une feuille de papier à l’enfant : il doit dessiner une dame et il pleut. Ce test se donne en complément du test du bonhomme. Il rajoute un cadre (il pleut), met en jeu la motricité, ajoute des accessoires donc montre comment l’enfant perçoit la consigne.
Est-ce que le bonhomme est bien représenter comme une femme ? Un certain nombre d’attributs doivent être présents pour qu’on lui accorde des points : l’acte de se promener à la position des pieds, un cheminement, le paysage, le sol. La pluie doit apparaître : flacs d’eau, tourbillons, ciel, parapluie.
Ce qui est positif dans ce dessin c’est qu’on voit le visage de la dame, ses mains, ses bras, ses jambes, ses chaussures. Le paysage, la bordure et les arbres marquent une certaine imagination qui fait des points. Ce test donne des renseignements sur la motricité. Ce test est utilisé par les psychologues et les psychomotriciens.